L'inventeur
ne sait pas
faire valoir ses droits.
L'inventeur individuel, une catégorie de personnes que nous fréquentons assidûment depuis environ 40 ans, nous offre bien souvent le spectacle d'une personne charmante et pleine de créativité, capable de prouesses parfois géniales.
Toutefois, dès qu'il s'agira de prendre toutes mesures nécessaires au faire valoir, et à la défense de ses intérêts, notre inventeur se commuera en grand naïf, d'un candide, et d'une ignorance consommés.
Il obéira à des réflexes conditionnés, verra des amis et des soutiens qui n'en sont pas, pour être plutôt des prédateurs, et agira en fonction de ce qu'il "croit savoir", ou plutôt de "ce qui se fait", en proie à un obscurantisme quelque peu pîtoyable, en vérité.
L'action que nous menons avec conviction et depuis des lustres, en termes d'information et de pédagogie, s'explique par le fait de notre appartenance au milieu, pour avoir conçu et réalisé plusieurs inventions, au fil des années.
C'est donc "sur le tas", parmi nos pairs, que nous avons beaucoup appris, et surtout appris à discerner le bon grain de l'ivraie, s'agissant de savoir qui sont les véritables alliés des petits inventeurs, et qui sont leurs exploiteurs.
Nous entendons partager ces connaisances acquises et désigner à nos semblables les meilleurs chemins que nous avons découverts et utilisés, avec parfois de grands succès.
Une constante, chez l'inventeur, le pousse à rechercher de façon quasi obsessionnelle, la reconnaissance publique de l'existence de son invention, et de ses qualités.
C'est ainsi que, tenaillé par un besoin plus psychologique que rationnel, il se ruera d'abord et avant tout sur le brevet d'invention, qu'on lui présente de toutes parts comme le suprême accessit, et, surtout, c'est plus gênant parce que c'est faux, comme le seul moyen de se faire respecter face à l'adversité.
Sachant, de notre côté, qu'il existe des moyens bel et bien prévus par la loi, pour valider une création originale en dehors du brevet, nous leur désignons la voie de la Propriété Intellectuelle, le Droit d'Auteur, qui existe depuis plus de deux siècles, et de l'usage duquel l'inventeur est souvent privé, à qui l'on fait croire qu'il en serait exclu.
Il est évident que notre message passe bien, à en juger par le nombre croissant d'inventeurs qui nous interrogent.
Cependant, les conditionnements, formatages et autres intoxications de notre époque placent l'inventeur qui découvre les possiblités des Droits d'Auteur dans un état d'esprit où il cherche des repères dans ce qu'il "a toujours cru savoir", côté brevet, ce qui l'embrouille considérablement, et l'amène à tout mélanger.
Il est donc de notre devoir moral de bien faire discerner à chacun, "qui fait quoi".
Un vocabulaire précis doit être porté à la connaissance de l'inventeur, qui ne doit plus, en premier lieu, confondre les mots "invention" et "brevet", qui n'ont rien de synonyme.
Une "invention", c'est le travail de création qui a été conçu par une personne. Un "brevet", c'est un titre qui peut être délivré à une personne, par lequel l'intéressé "revendique" une nouveauté qu'il aurait conçue et définie en qualité de "solution technique".
Brevet: "Titre que le gouvernement délivre à quiconque se déclare auteur d'une invention d'ordre industriel". (Cf. Petit Larousse)
Le brevet, en finale, n'est qu'une sorte de label décerné par l'État, qui prend acte de la prétention d'un citoyen sur la paternité qu'il revendique à propos d'une solution technique.
Invention: "Action d'inventer, de créer quelque chose de nouveau". (Cf. Petit Larousse)
La formule "quelque chose de nouveau" ne définit pas la caractéristique de ce qui a été inventé et ne limite pas l'invention à l'unique qualité de "solution technique".
Les termes "invention" et "brevet", finalement, ne se recoupent en rien au niveau de leur signification respective.
Nous vous parlerons donc de l'art et la manière de faire valoir vos droits sur votre invention, et aucun brevet n'est concerné en cela.